La gamme pentatonique est souvent la première que l'on apprend à la guitare, et beaucoup de guitaristes l'utilisent encore vingt ans plus tard. Cinq notes, une forme à retenir sur le manche, et vous pouvez déjà improviser sur un blues en la mineur. Voici les notes, la position de départ, une méthode de travail et les pièges les plus fréquents.
Qu'est-ce que la gamme pentatonique à la guitare ?
La gamme pentatonique est une échelle de cinq notes par octave, contre sept pour la gamme diatonique. À la guitare, elle se joue avec des formes simples sur le manche, ce qui la rend accessible dès les premières semaines. On l'entend dans le blues, le rock, la country et le jazz.
Le mot vient du grec : « penta » pour cinq, « tonos » pour ton. Par rapport à la gamme de do majeur, la pentatonique retire le fa et le si. Ces deux notes forment un triton, l'intervalle le plus instable de la gamme, et créent l'essentiel des frottements avec les accords. Sans elles, il devient très difficile de sonner faux sur une grille d'accords bien choisie.
Les guitaristes s'en servent pour construire des mélodies, improviser des solos et colorer un accompagnement. C'est aussi, pour la plupart, la porte d'entrée vers l'improvisation.

Quelles sont les notes de la gamme pentatonique ?
Cela dépend de la version. La pentatonique mineure contient la tonique, la tierce mineure, la quarte, la quinte et la septième mineure. En la mineur, cela donne La, Do, Ré, Mi et Sol. La pentatonique majeure prend la tonique, la seconde, la tierce, la quinte et la sixte, toutes majeures.
Voici la version majeure sous forme de degrés :
- Tonique (1)
- Seconde majeure (2)
- Tierce majeure (3)
- Quinte parfaite (5)
- Sixte majeure (6)
Pour retenir la mineure sans réfléchir aux degrés, comptez les demi-tons entre chaque note : 3, 2, 2, 3, 2 pour revenir à la tonique. La majeure suit la suite 2, 2, 3, 2, 3.
Chaque note joue un rôle différent. La tonique est le point de repos : on y termine une phrase. La tierce mineure donne la couleur blues, surtout quand on la bende légèrement vers le haut. La quarte sert souvent de note de passage, la quinte est la plus stable après la tonique, et la septième mineure tire la phrase vers la tonique.
Comment jouer la gamme pentatonique mineure à la guitare ?
Prenez la première position en la mineur, la plus répandue. Elle tient sur quatre cases, de la case 5 à la case 8, et se joue ainsi :
- Corde de mi grave : cases 5 et 8.
- Cordes de la, de ré et de sol : cases 5 et 7.
- Cordes de si et de mi aigu : cases 5 et 8.
- Doigtés : index sur la case 5, annulaire sur la case 7, auriculaire sur la case 8.
- Montez puis redescendez la forme à tempo lent, au métronome (60 battements par minute suffisent pour débuter).
Repérez dès le départ les toniques, c'est-à-dire les La : case 5 de la corde de mi grave, case 7 de la corde de ré, case 5 du mi aigu. Ce sont elles qui vous permettent de savoir où vous êtes dans la forme et de finir vos phrases sur une note stable.
Quand la forme est acquise, jouez-la sur une piste d'accompagnement en la mineur plutôt qu'à vide. Enregistrez-vous de temps en temps : on entend mieux les notes mal timbrées à la réécoute qu'en jouant.

Comment passer de la pentatonique mineure à la majeure sur le manche ?
La forme reste la même, mais elle se joue trois cases plus bas. La pentatonique de la mineur (case 5) et celle de fa# mineur (case 2) sont deux versions de la même forme. Or les notes de fa# mineur pentatonique sont exactement celles de la majeur pentatonique : La, Si, Do#, Mi, Fa#.
Pour jouer en la majeur, placez donc la forme en case 2, avec la tonique La en case 5 de la corde de mi grave, qui est la seconde note de la forme sur cette corde. Le résultat est plus ouvert et plus lumineux, très utilisé en country et en rock mélodique. Sur un morceau en la mineur, restez en mineur ; sur un morceau en la majeur, la version majeure évite le choc de la tierce mineure contre l'accord.
Quelles erreurs éviter quand on apprend la pentatonique ?
L'erreur la plus courante est de rester indéfiniment dans une seule position. La gamme se joue en cinq positions qui couvrent tout le manche, mais la première suffit pendant plusieurs semaines. Passez à la deuxième seulement quand vous jouez la première sans regarder vos doigts.
Deuxième piège : monter et descendre la gamme comme un exercice mécanique. Un solo convaincant tient à quelques notes bien choisies, pas à la vitesse. Travaillez des phrases de trois ou quatre notes, avec des silences.
Enfin, beaucoup de guitaristes oublient la tonique. Sans elle, les phrases n'ont aucun point d'arrivée, même quand chaque note appartient bien à la gamme. Terminez volontairement vos essais sur un La.
Pourquoi apprendre les gammes pentatoniques à la guitare ?
D'abord, la pentatonique tient sur un même schéma pour presque tous les styles : le blues, le rock, la country, le funk ou le jazz l'utilisent, avec des phrasés différents. Ensuite, elle permet d'improviser tôt. Avec une seule position et une piste d'accompagnement, on peut construire un solo cohérent dès les premières séances, ce qui motive davantage que des gammes répétées à vide.
Elle prépare aussi la théorie musicale : en la travaillant, on comprend comment une gamme se bâtit à partir d'intervalles et comment une note fonctionne par rapport à un accord. Ce savoir sert ensuite à composer et à arranger.
Quinze minutes par jour sur une seule position, avec une piste en la mineur, donnent en général de meilleurs résultats qu'une longue séance par semaine.